La vitamine D protège contre le cancer

L’une des bienfaits de la vitamine D est qu’il protège contre le cancer, et pas seulement contre le rachitisme et l’ostéoporose, comme l’ont montré de nombreuses études récentes. Des scientifiques ont apporté une contribution significative aux nouvelles découvertes sur l’importance jusqu’ici complètement sous-estimée de la vitamine D.

Vitamine D : effet et importance pour la prophylaxie de la santé

La vitamine D, communément appelée « vitamine du soleil », n’est pas une vitamine au sens propre du terme, mais une hormone. Le terme de vitamine lui a été attribué à tort après qu’on ait découvert très tôt que cette substance, contenue dans l’huile de foie de morue, peut prévenir ou guérir le rachitisme chez les enfants.

La carence en vitamine D est très répandue et sa fréquence, mais aussi ses conséquences sur la santé ont été jusqu’à présent sous-estimées. Une grave carence en vitamine D se produit souvent en hiver. La raison la plus importante en est le rayonnement UV relativement faible sous nos latitudes, de sorte qu’une quantité insuffisante de vitamine D se forme souvent dans la peau entre octobre et mars. Au printemps et en été, le contact direct avec le soleil est souvent évité en raison du risque de cancer de la peau – un véritable dilemme, car jusqu’à 90 % de la vitamine D nécessaire est produite dans la peau avec l’aide du soleil. Même la lumière UV-A utilisée dans les studios de bronzage ne conduit pas à la formation de vitamine D dans la peau. La capacité d’absorption de la vitamine D par l’alimentation est très limitée : Outre l’huile de foie de morue, la vitamine D n’est présente que dans quelques autres aliments, comme la viande de certaines espèces de poissons (par exemple le saumon et le maquereau). Par conséquent, dans de nombreux cas, seule la substitution pharmacologique demeure.

Groupes à risque pour une carence en vitamine D

En général, tous les groupes de population peuvent être touchés par une carence en vitamine D. Cependant, les personnes âgées et les personnes ayant une pigmentation cutanée plus importante sont particulièrement exposées à un risque sanitaire particulier. Dans les deux groupes, la capacité à produire de la vitamine D dans la peau est relativement faible. Les nourrissons et les jeunes enfants sont également exposés à un risque considérable. Ce problème semble être particulièrement aigu dans les groupes de population à la peau plus foncée. Les mères qui allaitent et qui souffrent de graves carences en vitamine D n’ont pas de quantités suffisantes de vitamine D dans le lait maternel. Les personnes obèses souffrent souvent aussi de carence en vitamine D et, par conséquent, d’hyperparathyroïdie secondaire (suractivité de la glande parathyroïde) et d’ostéomalacie (défaut de minéralisation des os). La raison en est la forte teneur en graisse corporelle, qui lie très efficacement la vitamine D, une hormone liposoluble, et l’élimine ainsi du sang.

La vitamine D protège contre le cancer

Des résultats récents montrent que la forme biologiquement active de la vitamine D, n’est pas seulement produite dans le rein, mais aussi dans toute une série de tissus différents. Dans ces tissus, la vitamine D régule la croissance cellulaire en se liant localement à des récepteurs nucléaires cellulaires spécifiques par des mécanismes autocrines/paracrines. Cela inhibe la prolifération des cellules d’une part et induit la maturation des cellules d’autre part. Des résultats de recherche récents suggèrent que ces mécanismes préviennent le développement du cancer dans de nombreux tissus. Toute une série d’études confirment le lien entre une carence en vitamine D et le cancer du côlon, de la prostate et du sein : ces types de cancer sont nettement plus fréquents aux latitudes élevées, c’est-à-dire là où la production de vitamine D dans la peau est moindre en raison d’un ensoleillement moindre.

Le fait que la plupart des tissus corporels reconnaissent non seulement la vitamine D via leurs propres récepteurs, mais ont également la capacité enzymatique de la former (à partir de la vitamine D), suggère que la vitamine D est une hormone clé ayant des effets protecteurs dans d’autres maladies. Des études montrent qu’une carence en vitamine D est importante en relation avec le diabète de type I, la sclérose en plaques et la polyarthrite rhumatoïde. L’importance centrale de la vitamine D pour le système immunitaire est en cours de discussion.

Le rôle protecteur de la vitamine D joue également un rôle essentiel dans de nombreux tissus pour prévenir les processus de vieillissement, y compris dans la peau contre les dommages induits par les UV. Les analogues de la vitamine D sont donc des substances prometteuses pour une « thérapie anti-âge ».

La carence en vitamine D et ses conséquences

De nouvelles découvertes dans le domaine de la recherche sur la vitamine D montrent l’importance d’un approvisionnement adéquat en vitamine D pour la santé. Une carence chronique en vitamine D entraîne un défaut de minéralisation des os : le rachitisme chez les enfants, l’ostéomalacie également appelée rachitisme chez les adultes et l’ostéoporose (perte de masse osseuse) chez les hommes et les femmes en sont les conséquences. L’incidence de l’ostéoporose a augmenté de façon spectaculaire au cours des dernières décennies. Des études montrent que des femmes, mais aussi des hommes souffrent d’une fracture ostéoporotique au cours de leur vie. Dans la prophylaxie et le traitement de l’ostéoporose, il a été démontré à maintes reprises que les liens entre l’ostéoporose et la carence en vitamine D ne sont pas suffisamment connus. Dans ce contexte, on ne considère souvent qu’un meilleur apport en calcium. On oublie souvent que l’absorption optimale du calcium dans l’intestin ne peut se faire qu’avec un apport suffisant en vitamine D. En lien avec une carence en vitamine D, on diagnostique souvent un affaiblissement des muscles et des douleurs musculaires. Des études sur la substitution de la vitamine D chez les personnes âgées ont montré qu’un apport suffisant en vitamine D entraîne une augmentation de la tension musculaire. Récemment, il a également été démontré que les analogues de la vitamine D peuvent abaisser les niveaux élevés de pression sanguine.

Statut de la vitamine D : de quelle quantité de vitamine D une personne a-t-elle besoin ?

La carence en vitamine D peut être détectée en mesurant la vitamine D dans le sang. Les plages normales sont données dans la littérature comme étant d’environ 10-60 ng/mL. Les valeurs inférieures à 10 ng/mL doivent être classées comme une carence grave en vitamine D. Des études récentes montrent cependant que des valeurs comprises entre 10 et 20 ng/mL indiquent déjà une carence en vitamine D, car dans ces cas, une suractivité de la glande parathyroïde est souvent perceptible. Pour la vitamine D, 20 ng/mL doivent être considérés comme la valeur minimale en ce qui concerne la santé des os. Pour prévenir le cancer, divers experts recommandent même aujourd’hui une valeur minimale de 25-30 ng/mL. L’utilisation de la vitamine D comme complément alimentaire (par exemple le lait) semble également très judicieuse. Toutefois, il n’existe actuellement aucune exigence légale à cet égard en Allemagne. Si la vitamine D est remplacée par des médicaments, il faut généralement viser une fourchette de 25 à 45 ng/mL. Il est recommandé de procéder à une mesure de contrôle deux fois par an.

Perspectives d’une utilisation pharmacologique de la vitamine D

En raison de leur effet inhibiteur de croissance, les analogues de la vitamine D sont utilisés en dermatologie depuis de nombreuses années avec un bon succès dans le traitement externe de nombreuses maladies telles que le psoriasis. Toutefois, jusqu’à présent, le traitement interne (par exemple l’administration de comprimés) de ces médicaments n’a été possible que dans une mesure très limitée en raison de l’apparition d’effets secondaires (notamment sur le métabolisme du calcium). Cependant, les résultats de recherches récentes ont maintenant conduit au développement de nouveaux analogues de la vitamine D avec un profil efficacité/effet secondaire nettement plus favorable. Les premiers résultats des essais cliniques montrent des perspectives prometteuses pour l’utilisation thérapeutique de ces médicaments dans de nombreux types de cancer.

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